Didier Delignières : Trajectoires professionnelles entre enseignements secondaire et supérieur

Une nouvelle édition des « Rencontres avec » s’est tenue le jeudi 8 octobre 2015 à l’ENS Rennes, organisée par l’association des élèves et anciens élèves du département 2SEP (A3EPS). Didier Delignières, a accepté cette invitation, prévue initialement pour discuter des trajectoires professionnelles entre le milieu secondaire et le milieu supérieur, mais qui a permis également d’éclairer certaines idées également sur l’enseignement de l’EPS et la sphère éducative.

 En effet, le monde universitaire (comprenant la recherche et la formation), apparait séparé du milieu secondaire et de l’enseignement de l’EPS. Il nous semblait donc intéressant de questionner Didier Delignières, acteur majeur des STAPS et de l’EPS sur ce thème, faisant écho aux précédents échanges entre lui et les élèves de l’ENS1. Obtenant son CAPEPS en 1980, Didier Delignières enseigne plusieurs années en collège et en lycée, « années déterminantes » dit-il pour son futur. Il majore ensuite l’agrégation d’EPS en 1987 puis entre à l’INSEP au laboratoire de Psychologie du sport et soutient sa thèse en 1993 sous la direction de Jean Pierre Famose. Participant à de nombreuses réflexions, il fonde la revue « Echanges et controverses », qui ne tiendra que 4 numéros, mais il devient ensuite Editeur de la Revue « Science et Motricité » en 2003, actuellement renommée « Movement & Sports Sciences ». En 1994, il obtient un poste de Maitre de Conférences à l’UFR STAPS de Montpellier, devient professeur en 1999, et occupe la direction de l’UFR depuis 2010. Acteur important du monde des STAPS, il est président de la C3D depuis 2013, en publiant par exemple dans la revue EPS des éléments intéressants sur « Culture STAPS ».

 

  1. Les trajectoires professionnelles dans le secondaire et vers le supérieur

 Afin de lancer le débat, Didier Delignières rappelle l’importance pour l’institution universitaire et particulièrement des UFR STAPS, de cadres de qualité pour la formation des enseignants. Etre « prof de gym » fait l’objet de choix personnels, professionnels mais il faut penser également aux autres possibilités offertes pour les enseignants, et notamment les agrégés. D’abord dans le secondaire, les enseignants peuvent accéder au corps d’inspection, qui devrait d’ailleurs faire l’objet d’un réel choix et non pas d’une orientation par défaut après plusieurs années d’enseignement. Les enseignants ont également la possibilité de devenir chef d’établissement, personnes qui ont un rôle essentiel dans la communauté éducative. En effet, il est considéré comme un chef d’orchestre qui délègue aux équipes éducatives, qui assume ses responsabilités et qui coordonne « la bande des adultes, face à la foule enfantine au travers d’apprentissages disciplinaires ».

D’autres possibilités sont offertes aux enseignants d’EPS, qui nous intéressent particulièrement ici, à travers l’enseignement supérieur. Didier Delignières nous explique ici qu’il existe plusieurs façons de travailler à l’université : (1) obtenir un poste de PRAG ou (2) devenir universitaire. Dans le premier cas, les PRAG peuvent avoir plusieurs rôles : (a) enseigner les APSA (PRAG spécialiste) ; (b) préparer les étudiants aux concours (PRAG concours) ; ou bien (c) former les enseignants au métier (sur les stages, l’année de M2). Pour Didier Delignières, l’important est d’être cohérent avec ses objectifs de vie et ses ambitions personnelles et professionnelles. Mais il nous prévient cependant sur les difficultés du contexte actuel universitaire, notamment budgétaire qui rend difficile le recrutement d’enseignants, et particulièrement universitaires. Faire une thèse après plusieurs années d’enseignement semble pour lui difficile, et on doit avoir en tête la rareté des promotions internes réalisées à l’université (pour passer de PRAG à maitre de conférence par exemple).

 

  1. Des enseignants concepteurs de leur EPS

 Lors de son intervention, Didier Delignières est ensuite revenu sur le monde secondaire, et particulièrement sur l’actualité sur les nouveaux programmes. Il considère ces programmes comme les « meilleurs » depuis ceux de 2000 rédigés par Gilles Klein. En effet, ils remettent en avant l’importance des équipes pédagogiques et la communauté éducative, par rapport aux problèmes actuels de la société. La qualité de cette proposition de programmes relève du fait que ce sont davantage des « Instructions Officielles », donnant les grandes lignes et permettant ainsi aux équipes éducatives d’opérationnaliser ces objectifs en s’adaptant à leurs élèves, au contexte et à leurs moyens. Cette idée renvoie au lien entre la formation des enseignants à l’université qui s’est étendue depuis plusieurs années au grade de Master, et les pratiques professionnelles dans les établissements scolaires. En effet, Didier Delignières insiste sur cette évolution : la licence formait des enseignants devant appliquer des procédures, des modes d’emplois alors que le niveau master devrait permettre de former des ingénieurs et des concepteurs. Il fait ainsi référence à un article récent du café pédagogique2 rédigé par des collègues d’Histoire Géographie qui se réjouissent de ces nouvelles propositions. Ils expliquent que les nouveaux programmes leur permettent de sortir d’une liste de contenus à enseigner pour faire plutôt de l’histoire pour « que les élèves comprennent les enjeux du monde ».

Cette idée d’opérationnalisation de lignes directrices par rapport à un contexte précis d’établissement renvoie en quelque sorte à critiquer l’idée d’une éducation identique sur l’ensemble du territoire et déterminée à un niveau central. Didier Delignières s’appuie ici sur le dernier ouvrage de Dubet et Duru-Bellat qui montre l’importance que les élèves apprennent mais que ce contenu peut être différent selon les villes et les établissements. Même si cette conception peut paraître choquante et inégalitaire, « l’école doit être une trajectoire type pour chacun ».

 

A l’issue de cette introduction réalisée par Didier Delignières, de nombreux échanges ont eu lieu autour de différents thèmes qui sont relatés ici : d’abord (a) autour de la place des agrégés dans l’enseignement de l’EPS ; ensuite (b) de l’importance de l’expérience professionnelle pour l’enseignement dans le supérieur ; (c) les possibilités d’évolution de carrière dans le milieu universitaire ; et enfin (d) le lien entre la recherche et l’enseignement.

  1. La place des agrégés dans l’enseignement de l’EPS

 Une vive réaction a fait écho dans la salle, renvoyant aux débats des années précédentes entre Didier Delignières et les élèves de l’ENS de Rennes sur leur place dans les établissements scolaires. En effet, les professeurs agrégés, particulièrement issus de l’ENS semblent être pour Didier Delignières des éléments indispensables à la formation universitaire, mais il admet que cette position peut paraître très égoïste. La question posée ici par une collègue concerne les raisons de ce discours, en défendant l’idée que les élèves de collège ou lycée ont tout autant le droit d’avoir ce type d’enseignants.

Didier Delignières répond à cette question en rappelant qu’un enseignant travaillant pour la formation des enseignants touche potentiellement beaucoup plus d’élèves puisque des centaines d’étudiants profiteront de sa formation chaque année.

  1. L’expérience de l’enseignement pour le supérieur

 Il semble que ce débat sur la question de l’expérience de l’enseignement pour prétendre former de futurs enseignants, fasse l’objet d’un équilibre à trouver ou tout du monde d’une équation à laquelle Didier Delignières reconnaît ne pas avoir la solution. En effet, pour former des professionnels, il paraît indispensable de connaître les élèves et la réalité du terrain. Le profil idéal serait celui des professeurs associés qui travaillent la moitié de leur temps en établissement scolaire et l’autre moitié à l’université dans la formation. Malheureusement, ce type de poste tend à disparaître, malgré la richesse qu’ils pouvaient apporter dans le renouvellement et la connexion avec le terrain éducatif.

Par contre, Didier Delignières insiste sur la moindre nécessité de l’expérience dans l’enseignement pour former aux concours, qui ne relève pas complètement de la formation professionnelle, comme nous l’avons évoqué précédemment. Or de nombreux PRAG dans les UFR STAPS se consacrent exclusivement à cette préparation aux concours. Enfin une expérience professionnelle approfondie n'est peut être pas requise pour réfléchir sur l'EPS, et apporter des idées nouvelles; à l'inverse, l’expérience peut aussi rendre « conservateur », avec une possible difficulté à prendre du recul sur ses pratiques.

 En effet, pour Didier Delignières, la filière « Education et Motricité » a besoin de s’universitariser, tout en conservant sa particularité d’être ancrée dans les pratiques de terrain. La réelle richesse de cette formation résiderait dans le croisement de points de vue et d’interventions entre professionnels, formateurs et universitaires autour de l’EPS. Les professionnels de l’EPS connaissent le terrain, sont compétents pour enseigner les APSA et lire les comportements des élèves. Mais Didier Delignières insiste sur l’importance de croiser cet aspect de la formation avec des personnes ayant une réflexion plus large sur la discipline, permettant ainsi de prendre du recul, et d’avoir une analyse critique des programmes ou des propositions pédagogiques. L’idée sous-jacente est celle de permettre de penser plusieurs façons de réfléchir l’EPS pour l’enrichir continuellement.

Didier Delignières prend l’exemple des séminaires multi-disciplinaires, régulièrement organisés par les universités qui devraient permettre d’apporter des réflexions nouvelles autour de la discipline de l’EPS pour éviter les scléroses et de penser les problèmes différemment. Il faudrait par exemple réfléchir l’Ecole comme une organisation autour des problèmes de management, de ressources humaines, qui pourraient faire l’objet de réflexions intéressantes de la part d’universitaires mais qui ne sont que très rarement sollicités sur ces questions. Pour lui, les réflexions autour de l’EPS ne peuvent pas se résigner aux propositions pédagogiques émergeantes dans les cercles académiques ou les revues professionnelles mais doivent aussi s’ancrer dans des réflexions actuelles sociales et philosophiques. Il prend ainsi l’exemple d’Annick Davisse dans les années 1980 qui avait largement compris les problèmes d’inégalité entre filles et garçons, mais également les enjeux de l’école dans les milieux difficiles.

  1. Les évolutions de carrière dans le milieu universitaire

 Beaucoup d’enseignants d’EPS deviennent PRAG dans les UFR STAPS, permettant ainsi d’alimenter la formation des futurs enseignants, mais également d’intervenir dans les différentes filières en STAPS. Didier Delignières rappelle ici les difficultés en tant que PRAG de réaliser une thèse et d’accéder ensuite à des postes de maitre de conférences et profs d’universités. La différence entre les deux statuts est importante : les PRAG sont des fonctionnaires de l’enseignement secondaire détachés dans le supérieur ; tandis que les universitaires appartiennent au supérieur et possèdent des prérogatives plus importantes (notamment pour peser sur la politique des universités). En termes d’heures de cours, la différence est également importante : les PRAG réalisent 380 heures par an face aux étudiants, lorsque les universitaires n’en réalisent que la moitié pour prendre des responsabilités de formation et de recherche principalement. Le travail des PRAG semble donc difficile à articuler avec un travail de thèse pour pouvoir envisager une carrière universitaire. Cet élément se rajoute à celui de la rareté des postes de promotion interne que nous évoquions précédemment.

  1. Le lien entre la recherche et l’enseignement

 Un dernier point abordé lors de cette rencontre avec Didier Delignières renvoie à une actualité importante sur les nouveaux programmes, et notamment par rapport à l’utilisation de classifications scientifiques pour justifier ces programmes. En effet, Didier Delignières nous informe de son intervention aux journées scientifiques de l’EPS organisées à Toulouse par l’inspection générale, sur le thème des classifications scientifiques au service des programmes. Mais pour lui, la science ne peut pas formuler de classification éducative, ce sont plutôt des initiatives locales (un ou plusieurs établissements, des bassins éducatifs) qui vont pouvoir proposer des cadres permettant de fonctionner. En aucun cas le lien entre ces deux domaines n'est évident, d’autant plus dans le cadre ici des classifications pour l’enseignement de l’EPS.

 

Au nom de l’association des élèves et anciens élèves du département 2SEP, nous tenons à remercier Didier Delignières, qui accepte toutes nos invitations depuis plusieurs années et avec qui les échanges sont toujours constructifs. Nous vous donnons rendez-vous très prochainement pour de nouvelles éditions des « Rencontres avec », et n’hésitez pas à aller visiter notre site internet (www.a3eps.org).

 

1 Delignières, D. (2012). Éditorial. Des normaliens pour quoi faire?. Movement & Sport Sciences, 77(3), 1-3.

 2 http://www.cafepedagogique.net/LEXPRESSO/Pages/2015/04/14042015Article635645918953920667.aspx

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Commentaires   

0 # Eclaircissementsgilles.renault 18-11-2015 20:42
N'étant pas présent lors de cette rencontre, je trouve certains éléments plus que surprenants de la part de D. Delignières. Et cela demanderait quelques éclaircissements. Je me permets donc de faire les commentaires suivants.

Les programmes seraient les meilleurs depuis 2000 ? Je ne partage pas cet avis et il serait intéressant de développer.
Le relèvement du niveau de recrutement des enseignants de licence à master permettrait un autre mode de pilotage par des programmes plus libres. Argument peu recevable si l'on se rappelle que la masterisation n'est qu'une reconnaissance universitaire du parcours des enseignants, qui il y a plus de 10 ans (peut-être plus) déjà faisaient une formation de 2 ans PLC 1-PLC2 après la licence.

Sur les perspectives de carrière, les professeurs à temps partagé entre secondaire et supérieur existent dans les ESPE et n'ont pas tendance à disparaitre.
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0 # EclaircissementsDidier Delignières 23-02-2016 09:15
1. il aurait mieux valu être présent à cette rencontre
2. Je me suis exprimé sur ces programmes dans le Café Pédagogique du 8 octobre 2015. Je pense donc avoir suffisamment développé. Par contre "je ne partage pas cet avis" est un peu juste et mériterait d'être un peu étoffé.
3. La mastérisation suppose par principe une élévation du niveau de formation, et notamment une formation à et par la recherche. Ce n'était pas le cas auparavant. Donc dire que "la mastérisation n'est qu'une reconnaissance universitaire du parcours des enseignants" relève soit d'une méconnaissance de l'esprit de la réforme, soit d'une méconnaissance de ce qui se passe actuellement dans les ESPE, soit d'une angoisse d'être dépossédé par l'intrusion d'universitaires dans la formation des enseignants.
4. Il n'y a quasiment aucune création de postes à l'université depuis 10 ans. Les ESPE sont des composantes universitaires. CQFD.
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0 # Eclaircissements 2gilles.renault 18-11-2015 20:43
Question de fond enfin, "la filière Education et Motricité doit s'universitariser". La formation des enseignants d'EPS également ? La nouvelle ossature des formations aujourd'hui prend la forme d'une licence pluri-disciplinaire, orientée APSA et apports scientifiques, là où le master serait plus professionnalisant (gestes professionnels, travail de conception de séquences/leçons, savoirs scientifiques sur l'acte d'enseignement). D. Delignières regrette-il cette évolution ? Doit-on universitariser le master MEEF ? Comment ?

Dernier détail, la description du recrutement des inspecteurs et du rôle des chefs d'établissement relève de l'humour sans doute ?
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0 # Eclaircissements 2Didier Delignières 23-02-2016 09:26
1. C'est donc une angoisse vis-à-vis de l'universitarisation. Une effet la formation des enseignants doit s'universitariser. C'est d'ailleurs le cas partout en Europe. Un master professionnel à l'université est une formation adossée à la recherche, comprenant une formation à et par la recherche. Elle n'est pas exclusivement centrée sur les "gestes professionnels", ou une "travail de conception de séquences/leçons". "Doit-on universitariser le master MEEF?" Cette question n'a aucun sens.
Un master est par nature universitaire. Le problème est plutôt d'élever progressivement la formation dans les masters MEEF au niveau des autres masters de l'université.
2. Aucun humour dans cette description. Et je pense avoir une connaissance assez fine du système.
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0 # Suitegilles.renault 02-03-2016 09:56
Des recrutements ont lieu dans les ESPE sur des postes à temps partagé sous forme de tiers temps ou de mi-temps. Des recrutements de formateurs académiques, parmi les enseignants, payés par les rectorats, sont réalisés pour intervenir à hauteur de 3 à 6 heures en ESPE. Le tout à moyens constants donc des bouts de postes et sans doute au détriment d'autres postes. Mais ne pas évoquer cela lors de cette rencontre sur les trajectoires professionnelles est surprenant.

Vous insistez sur la nécessité d'une formation partagée entre professionalisation, savoirs disciplinaires et recherche, vous plaidez pour une formation basée sur le croisement des regards entre chercheurs, formateurs, enseignants etc... Je vous suis. Mais vous dites ensuite que les masters MEEF doivent atteindre le niveau de formation des autres masters.
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-1 # Suitegilles.renault 02-03-2016 10:04
Premier questionnement : Sur quoi s'appuie ce jugement ? Pourquoi rabaisser les masters MEEF devant les autres masters dont il faudrait atteindre le niveau ? L'université fait des masters merveilleux ?
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0 # SuiteDidier Delignières 16-03-2016 15:32
Je pense en effet que les masters MEEF ne sont actuellement pas au niveau des autres masters STAPS. Ne serait-ce que parce que les étudiants passent le M1 à préparer un concours. J'ai milité voici quelques années pour un concours précoce, en fin de L3, qui aurait permis de consacrer ensuite 2 années complètes à un master enseignement de qualité. Ce n'est pas cette option qui a été retenue.
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0 # Suitegilles.renault 02-03-2016 09:56
Deuxième questionnement : « La mastérisation suppose par principe une élévation du niveau de formation, et notamment une formation à et par la recherche. » Pourquoi une élévation du niveau de formation passerait forcément par la recherche? Est-ce que vous pensez que le niveau de formation serait meilleur si la place de la recherche était plus importante dans les masters MEEF ? Il semblerait. Et pourquoi ce dogme omniprésent de la recherche ? Les normaliens doivent faire de la recherche, les stagiaires doivent se former par la recherche ?

Mes commentaires s'intitulaient éclaircissements. Je n'ai pas demandé de supposition sur mes angoisses. Je réitère alors ma demande : en quoi pensez-vous qu'une élévation du niveau de nos masters MEEF par des exigences plus poussées sur la recherche serait un plus pour la formation des futurs enseignants de ce pays ?
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0 # SuiteDidier Delignières 16-03-2016 15:36
Les enseignants que nous formons devront être capables de s'adapter aux mutations de l'Ecole des 40 années à venir. Donc en effet nous ne devons pas former des techniciens mais des concepteurs, capables d'évoluer et de tirer partie des avancées de la recherche. D'une manière générale à l'université tous les masters doivent s'engager dans une formation "à et par la recherche".
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0 # Suitegilles.renault 02-03-2016 10:01
Au regard des visites de stagiaires en établissement et des formations à l'ESPE effectuées, je constate que les étudiants en master MEEF ont besoin d'accompagnement pour la mise en pratique dans leur enseignement des concepts théoriques qu'ils connaissent de manière académique. Le sens pour l'élève revient à longueur de copie de capeps mais les leçons d'enseignants stagiaires ressemblent souvent à des additions de situation à la temporalité et au déroulement peu satisfaisant pour l'élève ; idem pour les très difficiles pratiques de différenciation ; l'engagement était au centre du sujet d'écrit 2 de l'an dernier mais la compréhension des motifs d'engagement de leurs élèves n'a rien d'évidente ; leurs connaissances technologiques des APSA sont convenables mais ne peut pas prendre appui sur une observation de la motricité de l'élève, faute d'une formation globale, fonctionnelle, intégrée concernant la motricité en licence STAPS.
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0 # Fingilles.renault 02-03-2016 10:03
Mais les copies de capeps attestent déjà de cet écart : l'argumentation théorique peut être parfois convaincante mais les illustrations ne sont que rarement du même niveau. Dès lors, je ne sais pas exactement comment faire évoluer notre maquette à l'ESPE de Rennes pour le département EPS, mais nos réflexions entre collègues formateurs, universitaires ou second degré, ne font pas état d'une nécessité d'universitariser davantage, de former davantage dans et par la recherche.

Enfin, le fait que le représentant des présidents d'instituts de formation que vous êtes méprise à ce point la carrière des personnels d'encadrement d'un employeur important de vos étudiants, c'est... étrange !
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0 # FinDidier Delignières 16-03-2016 15:42
Je ne vois aucune trace de mépris dans mes propos. Avoir des exigences, ce n'est pas du mépris mais au contraire du respect.
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