Sport intense et balance énergétique : ne vous pesez plus !

L'information proposée ci-dessous est diffusée à l'initiative de Maeva Le Goïc. Le texte provient du site du Journal International de Médecine (jim.fr).

 

Sport intense et balance énergétique : ne vous pesez plus !

L’obésité est devenue ces dernières années l‘un des fléaux médicaux les plus répandus dans le monde mais aussi un des plus médiatisés, à la fois dans la communauté médicale et dans le grand public.

Le débat ne cesse cependant d’alterner entre la nécessité de concentrer ses efforts sur des régimes diététiques adaptés ou de se focaliser sur l’activité physique et sportive.

« Perdre » du poids apparaît malheureusement comme le seul signe de réussite retenu pour évaluer l’impact d’un régime ou d’une activité sportive.

Mais qu’en est-il vraiment, dans une société où le sédentarisme est devenu la norme pour un apport énergétique alimentaire inchangé voir augmenté, et quand la balance énergétique entre dépense et apport reste excédentaire ?

C’est dans cette problématique que s’inscrit l’étude de Rosenkilde et coll.(1) sur la balance énergétique dans la pratique d’un effort sportif extrême.

Six  hommes (d’une moyenne d’âge de 61 ans) cyclistes amateurs ont été suivis lors d’une expédition de 2 706 kms reliant Copenhagen à Nordkapp en 14 jours.

Une balance énergétique déficitaire

L’objectif était d’évaluer chez ces cyclistes amateurs pratiquant une activité sportive extrême tant dans son intensité que dans sa durée, leur capacité à équilibrer leurs dépenses énergétiques par l’augmentation de leur apports énergétiques. Leurs apports étaient évalués en répertoriant tous les aliments et liquides ingérés. Les dépenses énergétiques étaient mesurées par l’ingestion et l’élimination d’un marqueur liquide, mais aussi par la pesée et l’étude de la composition corporelle avant et après l’expédition.

Malgré une augmentation de leurs apports énergétiques, les 6 cyclistes n’ont pas réussi à satisfaire leurs besoins en dépenses énergétiques, et ce, malgré un recours à des compléments alimentaires (tels que des boissons énergétiques, des barres protéinées..). 

Ces résultats confortent l’idée qu’un individu pratiquant une activité physique régulière et fréquente réduit sa probabilité d’avoir une balance énergétique positive, et ce malgré une augmentation de ses apports alimentaires.

Le poids ne fait pas le poids !

Cependant, et de manière surprenante, malgré un effort physique des plus extrêmes avec plus de 2 706 kms parcourus, aucun des cyclistes n’a perdu de poids sur ces 14 jours. Une prise de poids de 400 g a même été relevée.

Ceci s’explique par le fait que la mesure du poids est un critère trop simple pour rendre compte des changements corporels qualitatifs intervenus . En effet, sur cette période de 14 jours seulement, il y a eu une perte de 2,2 kg en terme de masse graisseuse, mais aussi une une prise de 2,5 kg de masse maigre, comme le montre la DXA (Dual-energy X-ray absorptiometry).

Ainsi que le souligne l’éditorialiste du American Journal of Clinical Nutrition (2), le poids est donc un indicateur insuffisant dans l’évaluation d’un changement de la composition corporelle. Or, la perte de poids est souvent prise comme unique marqueur de réussite.

L’éditorialiste regrette cependant qu’on n’ait pas eu recours, dans cette étude, à la mesure du « tour de taille », indicateur plus sensible que le poids des effets d’une activité physique et sportive régulière,

Même si cette étude a été effectuée pour un effort sportif extrême, bien éloigné des recommandations d’activité sportive hebdomadaire de l’HAS, il est important de rappeler, avec l’éditorialiste et les auteurs que nous sommes initialement programmés pour bouger et manger, et qu’il serait plus productif de se concentrer non pas sur un régime restrictif en terme de calories pour maintenir voire diminuer notre poids, mais plutôt de se concentrer sur l’aspect qualitatif de nos apports nutritionnels conjugué à une activité physique et sportive quotidienne.

Dr Diana Kadouch

RÉFÉRENCES
1) : Rosenkilde M et coll. : Inability to match energy intake with energy expenditure at sustained near-maximal rates of energy expenditure in older men during a 14-d cycling expedition. Am J Clin Nutr., 2015; 102: 1398–405.
2) : Després J-P : Exercise and energy balance : going to extremes to show that body weight is not the best outcome. Am J Clin Nutr 2015; 102: 1303–4
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